2017 – G.R.C. Raid des Bogomiles

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L’Avant course

Et bien m’y voilà, l’objectif de l’année 2017 et mon premier 100km. Autant dire que je ne pars pas 100% confiant étant donné le peu d’entrainement ces derniers mois.

Et oui, je n’ai chaussé qu’une fois mes chaussures de course depuis juillet, et c’était lors du le Trail des Rois Maudits effectué en tant que serre-file il y a 3 semaines. Donc je compte sur l’endurance et la vitesse de marche acquise lors de mes 3 semaines de randonnées sur le Chemin de Compostelle en Août pour aller au bout ! Au moins je pars frais pour avaler les 105km et 4300mD+ qui m’attendent !

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Les barrières horaires sont larges, c’est notamment pour ça que j’ai choisi cette course. Mais l’année dernière les conditions météos étaient dantesques ce qui a entrainé un fort taux d’abandon… donc j’espère qu’il fera meilleur cette année !

Je retrouve mon ami Vincent à la gare de Carcassonne, pour lui aussi ce sera la première fois sur la distance. On s’installe dans notre appart-hôtel Cerise Sud conseillé par l’orga (cf le site web de la course), et c’est un bon plan je vous le conseille ! Le retrait des dossards se déroule sans encombre, organisation au poil !

On assiste, le jeudi soir, au départ du GRC (170km/7700D+) qui part du centre du château, dans une ambiance magique. C’est top ! Retour à l’hôtel pour une bonne plâtrée de pâtes et la préparation des sacs pour le lendemain matin.

Rendez-vous donc aux portes du château pour le départ. On est vendredi, 9h, le temps est plus que nuageux mais a priori on n’aura pas les mêmes conditions que l’année dernières. Certes ça va être un peu humide, mais on ne pataugera pas dans la boue ! Mag, de l’organisation, passe parmi les coureurs avant le départ pour nous prendre en photo, merci beaucoup pour ce souvenir ! 🙂

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Sourires figés… Moi pas certain d’en quoi je m’embarque,
Et Lisa qui ne pense pas que j’irai au bout…

On écoute le speaker donner les dernières recos et procéder au décompte pour le départ. Petit cafouillage étant donné qu’il parle un peu entre les secondes restantes. Ce qui donne un truc du style :

5… Et oui, c’est bientôt le départ ! 4… tenez-vous prêts ! PAN ! … (moment de flottement) 3-2-1 c’est parti !

On est morts de rire avec Lisa et Vincent, devant ça part vite, nous on y va mollo, le speaker nous a permis de nous détendre un peu J

18km/770D+ jusque Molière sur L’Alberte : Passer la Barrière Horaire la plus rapide

Partie 1

Sur le papier, la première portion de 18km est la plus rapide, 3h30 pour y arriver tout en s’y économisant. C’est cette portion-là qui me stressait beaucoup.

Au passage sous l’arche de départ, le rythme s’accélère et je me retrouve déjà à souffler comme un bœuf sur les quelques kilomètres de goudrons au départ. Mais qu’est-ce que tu fais, ralenti !! Vincent déroule plus aisément, et je le laisse prendre quelques centaines de mètres d’avance alors que je me mets à marcher pour prendre ma place proche de la lanterne rouge. Si proche qu’au bout de 10mn je suis déjà en train de discuter avec le serre-file. Bon, j’ai peut-être un peu abusé sur l’économie…

Le chemin est facile jusqu’au premier ravitaillement au lac de Cavayère à 6km/150D+ du départ. J’y arrive tout de même assez essouflé car j’ai tenu un rythme un poil trop rapide pour un départ à froid, et je pointe 250ème sur 253 (mais le dernier quart du peloton se tient dans un mouchoir de poche) Je ne m’y attarde pas et repart avec Vincent pour les 12km qui nous séparent de la première BH.

A partir de là on attaque un parcours ou je me sens plus à l’aise, finis la course 100% du temps, et place à l’alternance marche nordique/ course tranquille. Une première belle montée nous emmène au photographe que je reconnais : il s’agit de Cyril Bussat de photossport, le mari de mon ancienne chef. Je discute 5mn, il me prend en photo et je continue mon chemin sachant que je le reverrai certainement dans la journée.

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Une bonne descente et on attaque ensuite une seconde belle ascension qui va nous amené sur ce que je pense être une crête, particulièrement embrumée. J’y ai rattrapé Vincent qui avait pris de l’avance, et on avance dans une ambiance mystique ! On voit pas grand-chose, mais paradoxalement c’est magnifique ! On déroule ensuite ensemble dans la descente jusque Molière sur L’Alberte où on pointe 243 et 244 sur 249, en 3h02mn.

On est donc dans les temps, avec 25mn d’avance sur la BH. Je fais le point en me ravitaillant. Même si je suis proche de la lanterne rouge, j’ai beaucoup trop pioché sur ces 18km/775D+ et je suis un peu ébêté au ravitaillement. Il faut à tout prix que je prenne mon temps au ravitaillement, que je me calme et me refasse une santé car si je continue comme ça, c’est l’abandon assuré dans quelques dizaines de kilomètres. Allez, presque 30mn d’avance sur la BH, no stress ! Je reste au ravito 25mn pour m’obliger à couper et ne pas repartir sur le même rythme que sur cette première portion, et on repart avec Vincent sur un rythme un peu plus cool.

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Direction la Base vie du Château d’Arques : 30km/1700D+

Partie 2

On repart tranquillement pour une grosse portion de 30km comprenant un ravitaillement à 12km. Une belle montée m’amène sur une crête, dont j’ai franchement peu de souvenirs si ce n’est une nouvelle photo de la team photossport.

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Je retiens surtout des portions en sous-bois, peu techniques où il est assez facile de courir. C’est aussi sur cette portion que je fais la connaissance de Benoit, qui revient cette année après avoir terminé la version 40km (le trail des colombes) l’année dernière malgré les conditions de dingues. On se tient donc compagnie en papotant jusqu’au ravitaillement de Clermont sur Lauquet au 30ème km, en bas de la première grosse bosse de cette seconde potion.

J’y pointe 339 sur 351, en 5h25, 3mn derrière Vincent et 15mn devant Benoit. C’est bon signe car malgré mon coup de chaud en début de course, j’ai gagné quelques places sur cette portion (même si je ne le savais pas à ce moment-là, car franchement ça ne m’importe pas du tout, l’objectif est juste de finir), ce qui est signe que j’ai plutôt bien géré. Une soupe, une pause de 15mn et c’est reparti ! J’attaque donc seul la principale ascension de la course, car Vincent s’est arrêté moins longtemps que moi, il est mieux entraîné et en meilleur forme, il ne veut pas perdre trop de temps si tôt dans la course.

La grimpée est longue mais je suis vite accompagné de Fabrice et Nicolas, 2 coureurs qui discutent pas mal et vont à mon rythme à ce moment-là, ça fait passer le temps plus rapidement. On passe d’ailleurs les premiers escabeaux sur cette montée. Et oui, passant sur des terrains privés, l’organisation a placé des échelles afin de passer au-dessus des clôtures. C’est donc un petit numéro d’équilibriste à chaque fois ! Il y en aura je pense une vingtaine sur la course. Inhabituel !

Fabrice et Nicolas sont un peu en sous-régime pour se mettre à mon allure, c’est chouette de leur part. L’ambiance avec les autres coureurs et avec les bénévoles sur ce GRC est vraiment top ! On passe enfin la dernière côte, une vraie montée casse-pattes droit dans la pente, avant d’attaquer la descente. On fait le début en trottinant ensemble, puis je les laisse partir pour descendre en mode marche rapide (je ne peux presque plus courir mais maintient un bon rythme tout de même) direction la base vie du Château d’Arques.

D’ailleurs le voilà au loin, j’approche !

… J’approche mais n’y suis toujours pas. J’hésite sur un croisement, la seule hésitation d’ailleurs, avant de continuer sur ce qu’il me semble être le bon chemin, mais qui me fait m’éloigner du Château. J’ai un énorme doute. J’en ai un peu plein les pattes à ce moment-là de la course, et je ne suis pas le seul car j’entends un traileur crier quelques jurons une centaine de mètres derrière moi. Lui aussi doit être pressé d’être à la base vie ! Je rejoins enfin la route qui me ramène sur le Château d’Arques, avec un balisage du 170km. Je sais donc que je suis dans la bonne direction mais ai un doute sur le chemin que j’ai pris. Mais c’est pas grave ! Je croise donc pour la première fois les concurrents du Grand Raid qui sont sur le chemin du retour direction Carcassonne.

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Je pointe donc au Château d’Arques après 49km et 2400D+ en 9h50mn, 235ème sur 244. Il est presque 19h et le soleil va bientôt se coucher. Vincent est là depuis 25mn, on discute un peu il a l’air en forme ! Il repart avant moi bien entendu, ainsi que Fabrice et Nicolas avec que j’ai croisé au détour d’un plat de pâtes et qui ont l’air en forme et confiants maintenant que la base vie est passée.

Je récupère mon sac à la base de vie, change de t-shirt et de chaussettes mange un bon morceau (2 plats de pâtes, deux bols de soupe, une pompot’) pour attaquer la nuit complète qui m’attend.

Je ressors à 19h50, après 1h de pause. Je ne regarde pas mon classement (jamais d’ailleurs !) mais je suis stable, 236ème.

22km/900D+ direction Greffeuil : le moment de grâce

Partie 3

La nuit est tout juste tombée et il est l’heure d’allumer la frontale au départ de la base vie. Je me suis bien couvert pour ne pas trop me refroidir, et du coup après 500m j’enlève la veste car ai bien vite trop chaud !

Je me sens comme un traileur neuf, et les 400km de randonnée de cet été portent leur fruit, je passe en mode PacMan Marche Nordique et rattrape de nombreux coureur (du GRC surtout, logique). Je tiens un bon rythme sur des chemins faciles, cette seconde partie de course est plus simple et les chemins sont peu techniques (même si globalement, ce raid l’est assez peu s’il n’a pas trop plu).

Les heures passent, tout comme les kilomètres, et me voilà sans m’en rendre compte et en très bonne forme au ravitaillement de Villardebelle, 13km après la base vie et après la 2ème grosse ascension du jour. J’ai retrouvé Benoit avec qui j’avais passé quelques kilomètres en tout debut de bourse, on y pointe 234 et 235ème, en 13h45. Je ne m’y attarde pas, je m’arrète 5-10mn pas plus. Je veux profiter de ce moment de forme et avancer facilement tant que je peux encore le faire. Fabrice et Nicolas sont là, eux qui étaient partis presque 30mn avant moi de la base vie. C’est étonnant ! Je pars avant eux.

L’euphorie continue et j’avance relativement facilement jusque Greffeuil, 12km et 300mD+ plus loin. J’y pointe 227ème  sur 235. J’ai plus de 2h d’avance sur la barrière horaire, et je sais que je peux finir si je fais pas le con.

Je m’arrête plus longtemps ici, le temps de profiter d’un bon bol de soupe. Je sens que le moment d’étrange facilité est terminé. Il faut donc que je reprenne des forces pour attaquer la portion suivante. Et grand bien me prend !

Il est presque 1h du matin. Et le passage à vide commence.

En mode zombie jusque Montjausse-Palaja : 22km/1000D+

Partie 4

En repartant de Greffeuil je ne suis pas vraiment dans le dur. Je sais juste que le moment de facilité est terminé.

J’attaque sans le savoir une sacré belle montée, un poil technique (mais est-ce vraiment technique ou une conséquence de ma fatigue ?). Je perds beaucoup de temps et de force dans ce raidard avant de trouver un petit peloton de traileur du 100km et un du 170km, où je m’incruste

Je sens que je pourrai aller un tout petit peu plus vite qu’eux, mais ça fait du bien de trouver un peu de monde avec qui discuter en plein nuit, et je suis en avance sur les BH. Donc je reste avec eux un moment, avant que le groupe ne se scinde naturellement, avec un coureur du 170 et moi devant. Je finis au final seul lorsqu’il décide de s’allonger une 10aine de minute sur le bord du chemin pour reposer son genou blessé. Pour lui c’est décidé, ce sera la fin de l’aventure à Villeflour, au prochain ravitaillement.

J’y arrive à 5h du matin, après 20h passé sur ce raid. J’ai envie de dormir, mais laisse la place à mon compatriote blessé évidemment. Une soupe, un petit casse-croute, et me revoilà parti. Je suis claqué et avance donc jusqu’au ravitaillement de Montjausse comme je peux (à vrai dire, aucun souvenirs de cette portion si ce n’est quelques escabeaux compliqués à gérer après tant de temps à marcher).

Enfin ! Le voilà le ravitaillement de Montjausse, une tente avec un lit de camp libre. Je pointe, il est 7h. Ni une ni 2, je mets un réveil 15mn plus tard et m’allonge sans pour autant dormir. Mais ça fait un bien fou ! Je pointe 216ème, sans le savoir. Je ne suis donc pas si mal que ça sur le papier, dans la tête c’est autre chose.

La lumière au bout du tunnel : 10km jusque Carcassone

Partie 5

Ces 15mn m’ont permis de me détendre un peu, et je repars avec le soleil levant. Je peux même courir avec 2 coureurs du GRC. Si on m’avait dit ça quelques heures plus tôt, je ne l’aurai jamais cru ! Rien n’est jamais joué sur un ultra !!

Mais je les laisse bien évidemment me distancer très rapidement. La lumière du jour fait beaucoup de bien, et je marche détendu, avec une allure stable et pas trop lente je pense. A l’approche de Carcassone, je rate un embranchement. Un petit grand père crie derrière moi, heureusement qu’il est là pour me ramener sur le bon chemin, je n’ai fait que 200m de trop !

On discute, c’est une vrai pipelette, il fait son jogging comme tout les matins et préparation de son prochain marathon. J’aimerai bien avoir la même pèche quand je serai V4 ! 🙂

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Carcassonne tarde à montrer le bout de son nez, mais je sais que c’est normal, que c’est la fatigue qui se joue de ma perception du temps en cette fin de course. Je téléphone a Lisa pour lui dire où j’en suis. Je raterai malheureusement le top départ du Trail des colombes que font mes amis. Lisa assiste au départ, puis remonte le chemin du Raid des Bogomiles en sens inverse pour me retrouver.

Je la retrouve après avoir enfin aperçu Carcassonne. On fait donc les derniers kilomètres ensemble. Je ne cours plus depuis un moment mais je suis heureux, détendu. Enfin nous voilà au Château, puis on redescend pour passer le pont direction la ligne d’arrivée au Palais des Sport.

Je ne réalise pas, je passe la ligne d’arrivée de mon premier 100km. C’est complètement dingue ! Il est 9h45, j’ai donc passé 24h45 sur ce chemin ! Je reçois ma belle médaille de finisher ! 210ème mais ça n’a pas plus d’importance qu’au départ. L’important, c’était d’aller au bout !

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Je me pose 10m après la ligne, Lisa est allé chercher mon sac d’allègement pour que je me change et ne prenne pas froid, c’est royal J Elle est parfaite 😉

Vincent est là aussi, il est arrivé 3h plus tôt en 21h48. Il a déjà pris sa douche c’est pour dire. Mais ça valait bien une photo de double finishers ! Bravo Vincent !

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Quelques minutes plus tard, c’est Benoit qui arrive. Lui que j’ai croisé tant de fois aujourd’hui, je suis content qu’il termine, et il a l’air en forme !

Enfin, alors que je suis toujours sur les escaliers, c’est Mag que je croise. A travers elle, c’est toute l’organisation que je remercie. Ce parcours est parfait pour un premier 100km, avec un tracé sympa, une 2nde partie moins rude que la première, un balisage sans faille. Bref, un énorme merci à toute l’orga, aux bénévoles toujours accueillants sur les ravitos tous plus fournis les uns que les autres.

Le Raid des Bogomiles : 100% approuvé !
Et j’y reviens en 2018 !

Et en 2018, 2 nouvelles distances: un trail nocturne de 12km et 65km!

Bannière GRC 2018

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